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Communiqué : Madagascar traverse actuellement une période difficile. Le vent du changement politique qui a suscité tant d’espoirs en 2002 s’est regrettablement mué en une impasse socioéconomique. 

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Sauver la Démocratie et restaurer la Légalité PDF Print E-mail
Written by Webmaster   
mardi, 28 novembre 2006

L'arrivée de Monsieur Ravalomanana à la présidence de Madagascar en 2002 laissait d'ores et déjà présager de la manière dont il allait conduire les affaires de l'Etat durant son mandat. En effet, durant ces 5 ans, la Loi Fondamentale de la Nation n'a cessé d'être foulée au pied par celui qui est censé être le garant de la séparation des pouvoir et de l'équilibre des institutions.

Pire, la Haute Cour Constitutionnelle, Institution chargée de veiller à la constitutionalité de toutes les lois et décisions, s'est fourvoyée depuis l'investiture d'auto-proclamation du 22 février 2002 et jusqu'à aujourd'hui, au point de ne plus être capable de se placer au dessus du pouvoir exécutif pour faire valoir la Constitution. Dans la mesure où, même la Haute Cour Constitutionnelle n'est plus garante du respect de la Constitution, nous prenons devant la Nation et devant l'Histoire la responsabilité d'entreprendre et d'encourager tous les efforts visant à restaurer l'autorité de la Loi Fondamentale que nous nous sommes engagés à respecter en tous points en déposant notre candidature pour les élections présidentielles.

C'est pourquoi,Image

  • Devant les intimidations répétées et les entraves à la liberté d’expression dont sont victimes les candidats à l’élection présidentielle autres que celui du régime en place,
  • Devant les manipulations des listes électorales visant à favoriser uniquement le candidat du régime en place,
  • Devant les violations graves et répétées de la Constitution, à savoir :
  1. L'usurpation de fonction entre le 22 février 2002 et le 6 mai 2002
  2. La perpétuation des Présidents de Délégation Spéciale au niveau des provinces, autorités nommées par le Président de la République, alors que des élections provinciales auraient dû avoir lieu pour la mise en place des Gouverneurs de Province,
  3. Le remplacement arbitraire de 30 sénateurs alors que leur mandat était à peine entammé
  4. L’institution des régions en dehors de tout cadre constitutionnel (notamment la nomination des chefs de régions par le chef de l'exécutif),
  5. Le refus obstiné de mettre en place la Haute Cour de Justice
  6. Le cumul d'un mandat électif au sein de l'Eglise FJKM, d'une activité au sein de son parti, et au sein de sen entreprise, avec celui de Rrésident de la République que la Constitution déclare pourtant formellement "incompatible avec toute fonction publique élective, toute autre activité professionnelle et toute activité au sein d'un parti politique ou d'une organisation politique"
  7. La violation de la séparation des pouvoirs notamment en adressant par lettre des instructions au parlement, en perpétuant une justice sélective au seul détriment des opposants
  8. La violation de la laïcité de l'Etat en faisant montre de velléité d'instaurer une "théocratie"
  9. Le refus obstiné du Candidat du régime en place de considérer que l’élection du 03 décembre 2006 est anticipée, et qu’à ce titre les dispositions constitutionnelles en vigueur doivent être respectées, à savoir, entre autres, la démission du Président de la République en exercice,
  • Devant les actes autoritaires dignes d’un Etat policier, et l’apparence de légalité sous un motif fallacieux d’ordre public derrière lequel ce régime s’abrite pour menacer les libertés fondamentales d’une véritable démocratie, à savoir la liberté d’expression, la liberté de presse, la liberté  de se réunir, la liberté tout court,


Nous réitérons que le régime Ravalomanana fait peu de cas de la constitution et représente un danger pour la démocratie à Madagascar. Nous nous devons de réagir. En effet, en tant que démocrates, nous sommes convaincus que l'expression suprême de la démocratie, est la voix des urnes. Or, c'est cette essence même de la démocratie qui est aujourd'hui bafouée. Le régime actuel a fait en sorte que ce ne soit pas le choix du peuple qui sera exprimé : Malgré les nombreux financements étrangers destinés à l'organisation matérielle du scrutin, à moins d'une semaine de la date prévue, les listes électorales ne sont pas arrêtées, les candidats sont interdits d'accès aux suppports informatiques de ces listes, ils sont également interdits ou autorisés seulement au dernier moment de tenir des meetings public, on constate d'ores et déjà des procès verbaux de délibération qui sont établis et en faveur du président sortant,...

Il importe donc, par dépit, de trouver d'autres moyens pour dénoncer ce "hold-up" de grande envergure. Nous sommes contraints de constater qu'une fois de plus, Madagascar vit une grave crise institutionnelle. Nous en appelons à la responsabilité de chacun et notamment des forces armées, pour dénoncer et déjouer les manoeuvres dilatoires du régime, afin de restaurer les bases d'une véritable démocratie et d’un Etat soucieux de l’intérêt général et non pas les intérêts privés du candidat du régime en place et de ses partisans.

Nous interpellons la Communauté internationale, comme nous n’avons cessé de le faire, nous nous unissons à toute action visant à garder les fondements d’un Etat de Droit.

 
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